Myélofibrose

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La myélofibrose est un syndrome myéloprolifératif chronique apparaissant plutôt chez des personnes de plus de 50 ans. Le seul traitement curatif est l'allogreffe de moelle osseuse mais elle reste peu pratiquée. La chimiothérapie reste son traitement le plus habituel.

Myélofibrose : sa définition

La myélofibrose désigne un envahissement par du tissu fibreux, ou fibrose, de la moelle osseuse.

La myélofibrose fait partie des syndromes myéloprolifératifs, ils désignent un emballement de la production des cellules sanguines par la moelle osseuse :

  • La fibrose modifie l'environnement des cellules osseuses dans la moelle et ces dernières migrent alors dans la rate où elles trouvent un milieu plus propice à leur développement.
  • En conséquence à cette colonisation par les cellules sanguines, la rate augmente de volume. On parle de splénomégalie.
  • La production des globules rouges est altérée, il existe souvent une anémie (baisse de l'hémoglobine).

Bon à savoir : la moelle osseuse est contenue dans les os, c'est dans ce tissu que sont fabriquées les cellules sanguines : globules rouges (hématies), globules blancs (leucocytes), plaquettes.

Causes de la myélofibrose

C'est une maladie qui peut survenir à tout âge, mais il touche surtout les personnes de plus de 50 ans avec un pic d'incidence situé entre 75 et 79 ans chez l'homme et entre 80 et 84 ans chez la femme. L'âge médian au diagnostic est de 71 ans chez l’homme et de 72 ans chez la femme.

Elle peut être primitive (on parle aussi de splénomégalie myéloïde), dans ce cas sa cause est inconnue. Elle peut aussi être secondaire à certaines maladies :

  • maladie de Vaquez, une maladie des personnes âgées dans laquelle les globules rouges sont produits de façon excessive par la moelle osseuse ;
  • thrombocytémie essentielle, dans laquelle la production des plaquettes est augmentée (son évolution peut être marquée par des complications hémorragiques ou thromboemboliques ou se transformer en leucémie).

Bon à savoir : c'est une maladie acquise, elle n'est pas héréditaire.

Myélofibrose : évolution

La myélofibrose est une maladie chronique qui peut évoluer silencieusement pendant plusieurs années. Parfois, dans une minorité de cas, elle se transforme en syndromes myéloprolifératifs aigus, plus agressifs (leucémie aiguë myéloblastique, leucémie myélodysplasique).

Symptômes de la myélofibrose

La maladie peut rester longtemps asymptomatique. Les symptômes peuvent apparaître à plus ou moins long terme.

  • signes généraux : fièvre, sueurs nocturnes, fatigue, amaigrissement, douleurs osseuses ;
  • augmentation du volume de la rate (splénomégalie), responsable en cas d'augmentation importante, de troubles digestifs, sensation de pesanteur abdominale, essoufflement, œdème des membres inférieurs. La rate devient palpable à travers la paroi abdominale ;
  • anémie, à l'origine d'une fatigue, d'une pâleur, parfois d'un essoufflement, de vertiges, ou de palpitations.

Diagnostic de la myélofibrose

Les investigations suivantes sont réalisées dans le but de confirmer le diagnostic mais aussi d'évaluer le pronostic de la maladie :

  • bilan sanguin (prise de sang) :
    • la numération formule sanguine montre une anémie, définie par un taux d'hémoglobine < 12 g/dl chez la femme, 13 g/dl chez l'homme, avec des globules rouges déformés. Souvent, il existe au taux élevé de plaquettes et de leucocytes (surtout les polynucléaires neutrophiles) ;
    • d'autres examens sanguins évaluent l'état de certains organes (foie, reins) et orientent le diagnostic (calcémie, électrophorèse des protéines, etc) ;
  • échographie abdominale ou scanner : confirme la splénomégalie et recherche d'autres atteintes ;
  • biopsie de moelle osseuse ou biopsie ostéo-médullaire, examen réalisé dans un service d'hématologie, sous anesthésie locale. Elle consiste à prélever un échantillon de moelle osseuse en insérant une aiguille creuse dans l'os iliaque au niveau du bassin. L'échantillon est ensuite étudié au microscope ce qui permet de confirmer la présence d'une fibrose et d'en évaluer la sévérité ;
  • caryotype : permet de compléter le diagnostic, cela consiste à prélever un échantillon de sang afin d'étudier les chromosomes. Dans la myélofibrose, on recherche la mutation d'un marqueur appelé JAK2, retrouvée chez de nombreux patients.

Traitement de la myélofibrose

Le traitement vise à atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie. Au début de la maladie, une grande partie des patients n'a pas besoin de traitement. Le suivi consiste en des consultations régulières avec l'hématologue et la réalisation de bilans sanguins.

Le seul traitement curatif est la greffe de cellules souches hématopoïétique (allogreffe), qui implique de trouver un donneur compatible :

  • Ce traitement lourd et coûteux, et qui expose à un risque de complications graves, ne peut être proposé qu'à une minorité de patients ayant une forme évolutive de la maladie.
  • Toutefois, il se développe de plus en plus grâce à l'utilisation de protocoles préparatoires allégés.

Les autres traitements sont :

  • Le traitement habituel repose avant tout sur une chimiothérapie, souvent par voie orale.
  • Il existe aussi des thérapies ciblées comme les anti JAK2, qui permettent, au même titre que la chimiothérapie, de stabiliser la maladie ou de préparer à la greffe.
  • L’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu en décembre 2023 un avis positif concernant l’approbation d'Omjjara® (momelotinib), un inhibiteur de Janus Kinase (anti-JAK), pour le traitement de la myélofibrose.
  • La correction de l'anémie nécessite souvent l'administration de traitements comme l'EPO (érythropoïetine) qui stimule la synthèse des globules rouges, les corticoïdes, ou encore les inhibiteurs de l'angiogenèse.
  • En cas d'anémie importante, des transfusions peuvent être nécessaires.

La survie relative à 5 ans est meilleure chez les sujets jeunes de moins de 60 ans (70 %) et chez la femme comparée aux plus de 60 ans (40 %). Dans chacun des groupes d’âge, la survie relative à 5 ans est meilleure chez la femme que chez l'homme.

Bon à savoir : un arrêté du 30 novembre 2020 autorise l’expérimentation de suivi à domicile des patients sous anticancéreux oraux sur 45 sites en France. Ce suivi se fait selon six étapes : prescription, accompagnement éducatif, primo-dispensation, renouvellement et délivrance, télé-suivi du patient.

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