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Trophoblastome

Mis à jour le 29/04/2016

Temps de lecture estimé à 4 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Cerclage pendant une grossesse à risque
Types de cancer

Sommaire.

  1. Définition du trophoblastome
  2. Symptômes liés au trophoblastome
  3. Diagnostic et évolution d’un trophoblastome
  4. Traitement des trophoblastomes par chimiothérapie
  5. Pronostic

Le trophoblastome fait partie des cancers rares, comme le rhabdomyosarcome ou le liposarcome. Touchant seulement 2 ‰ des grossesses, cette maladie est davantage observée en Asie du Sud-Est où le taux est de 5 ‰.

Définition du trophoblastome

Comme le suggère son nom, le trophoblastome est une tumeur qui se développe au niveau du trophoblaste, c’est-à-dire sur la couche superficielle et nourricière du placenta, celle qui relie l’embryon à sa mère au cours de la grossesse. Ce type de cancer concerne donc uniquement les femmes.

Une tumeur du trophoblaste

Les trophoblastomes sont pour la plupart dus à ce qu’on appelle une môle hydatiforme. Il s’agit d’une anomalie rare qui survient au cours de la grossesse. En réalité, il ne s’agit pas d’une grossesse à proprement parler puisqu’une môle hydatiforme désigne la prolifération d’un ovocyte vide, dépourvu de matériel génétique maternel (on parle de grossesse molaire). Il ne peut donc pas y avoir d’embryon.

Plus rarement, le trophoblastome fait suite à une grossesse quelconque (ou extra-utérine), à une fausse couche ou à une IVG (interruption volontaire de grossesse).

Origine du trophoblastome : la môle hydatiforme

Une môle hydatiforme se traduit par :

  • la formation de kystes au niveau des villosités choriales (qui font partie du trophoblaste puis du placenta en permettant l’alimentation du fœtus) ;
  • une tumeur du trophoblaste.

Le potentiel métastatique d’une trophoblastome est très important car les cellules cancéreuses sont facilement dispersées par voie sanguine. L’objectif est de traiter la môle hydatiforme par aspiration sous contrôle échographique car cette tumeur risque de dégénérer et de devenir maligne (ce qui arrive dans 10 à 20 % des cas). On parle alors soit de trophoblastome, soit de choriocarcinome gestationnel.

Symptômes liés au trophoblastome

Les trophoblastomes sont découverts en raison :

  • de pertes de sang (dues à une nécrose des tissus) de plus de six semaines inexpliquées après une IVG (dans 30 % des cas), un avortement spontané ou suite à un accouchement (dans 10 % des cas) ;
  • d’un taux de HCG (gonadotrophine chorionique humaine, une hormone produite au cours de la grossesse par le trophoblaste) qui ne se régularise pas et qui augmente parfois après le traitement d’une môle hydatiforme ;
  • chez une patiente en âge de procréer, de troubles respiratoires dus à des métastases au poumon (on peut ensuite en retrouver au foie, au rein ou encore au cerveau sans cancer primitif connu).

Bon à savoir : le suivi du taux de HCG est systématique après l’évacuation d’une môle hydatiforme, ce qui permet de rapidement observer une anomalie.

Diagnostic et évolution d’un trophoblastome

Seuls des examens approfondis permettent de déterminer la présence d’un trophoblastome, son étendue et l’existence d’éventuelles métastases.

Examens nécessaires

Pour diagnostiquer un cancer du trophoblaste, il est nécessaire de pratiquer :

  • un dosage d’HCG suite à une môle hydatiforme ;
  • une échographie endovaginale et/ou une IRM pelvienne permettant d’évaluer l’étendue de la tumeur (échographie qui est de toute façon recommandée dans les 15 jours qui suivent une évacuation de môle hydatiforme par aspiration) ;
  • un scanner :
    • thoracique pour détecter d’éventuelles métastases pulmonaires ;
    • abdominal pour détecter d’éventuelles métastases hépatiques (qui sont de mauvais pronostic) ;
  • une IRM cérébrale à la recherche de tumeur au cerveau.

Stades d’évolution des trophoblastomes

La classification des stades du cancer du trophoblaste s’établit comme suit :

  • stade I : le cancer est limité à l’utérus ;
  • stade II : la tumeur trophoblastique s’étend mais reste cantonnée aux organes génitaux ;
  • stade III : la tumeur trophoblastique a entraîné le développement de métastases pulmonaires ;
  • stade IV : plusieurs métastases sont retrouvées.

Pour aller plus loin, consultez notre site dédié au Cancer de l’utérus

Traitement des trophoblastomes par chimiothérapie

Le traitement des trophoblastomes s’appuie sur deux types de chimiothérapie :

  • Les formes à bas risque sont traitées par monochimiothérapie (au méthotrexate notamment). Les taux de guérison avoisinent les 100 %.
  • Les formes à haut risque sont traitées par polychimiothérapie, avec un taux de guérison après traitement de 80 %.

La prise en charge de ces tumeurs doit être réalisée par des oncologues et des spécialistes en relation avec le Centre de référence des maladies trophoblastiques (à Lyon).

Dans le cas où la chimiothérapie resterait insuffisante, on peut envisager une approche chirurgicale consistant à ôter l’utérus (hystérectomie) dans la mesure où la patiente ne souhaite plus d’enfant. Toutefois, la chirurgie des métastases reste exceptionnelle (même si des nodules pulmonaires persistent).

Pronostic

Sont considérés comme à mauvais pronostic les personnes :

  • âgées de plus de 40 ans ;
  • ayant mené leur grossesse à terme (risque plus important qu’en cas d’avortement ou de môle hydatiforme correctement traitée) ;
  • dont la chimiothérapie est tardive (le risque est très important si elle n’intervient qu’un an après, beaucoup moins si elle a lieu dans les quatre mois) ;
  • dont le taux de HCG est particulièrement élevé ;
  • qui présentent une tumeur de plus de 5 cm ;
  • qui présentent des métastases (des moins graves au plus graves) :
    • au poumon ;
    • à la rate ou au rein ;
    • au tube digestif ;
    • au cerveau et au foie ;
  • chez qui une chimiothérapie a échoué (a fortiori s’il s’agissait d’une polychimiothérapie).

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