Activité physique contre le cancer

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L'activité physique présente des bienfaits à plus d'un titre. Concernant la santé, elle est reconnue comme le vecteur d'une meilleure santé et une alliée de taille contre de nombreux facteurs de risques de pathologies diverses : maladies cardio-vasculaires, diabète, ostéoporose, etc.

Zoom sur tous les bienfaits du sport en cas de cancer.

Qu'entend-on par activité physique ?

La première trace écrite parlant de l'activité physique comme pouvant être utilisée dans la prévention contre le cancer remonte à 1922 :

  • Différentes sources rapportaient indépendamment que les taux de mortalité de cancers masculins en Australie, Grande-Bretagne ou aux États-Unis diminuaient quand l'activité physique augmentait.
  • Depuis ce premier rapport, de nombreuses études épidémiologiques ont examiné la relation entre l'activité physique et le cancer. Aujourd'hui, il a été établi des conclusions pour le cancer du sein, le cancer du côlon et le cancer de l'endomètre.
  • Concernant d'autres cancers, les études ne sont pas suffisantes d'un point de vue méthodologique ou épidémiologique et demandent encore à être complétées.

On parle d'activité physique pour tout mouvement du corps qui produit une augmentation marquée de la dépense d'énergie par rapport à une situation de repos.

Elle ne se limite donc pas au sport mais concerne également tous les mouvements du quotidien et de la vie professionnelle.

Bon à savoir : les experts de Santé publique France incitent à la pratique d’activité physique (30 minutes d'exercices cardiorespiratoires par jour à une certaine intensité – modérée ou élevée – et au moins 5 jours par semaine), et à la réduction du temps passé assis dans la journée en faisant en sorte de prendre le temps de marcher un peu toutes les 2 heures.

Activité physique et cancer

Pratiqué au quotidien, le sport permet de réduire le risque de développer de nombreuses pathologies chroniques telles que les maladies cardio-vasculaires ou les cancers. Ainsi, la prescription d’activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection longue durée (ALD) est inscrite dans la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016.

C'est aussi un moyen de lutter contre le surpoids et l'obésité, autres facteurs de risque des cancers.

Avant un cancer

À travers les études de cohortes, on a montré que l'activité physique est associée à :

  • une diminution du risque de cancer du côlon de 18 % chez l'homme et de 20 % chez la femme (plus généralement, les personnes en bonne condition physique verraient leurs risques diminuer de 61 %) ;
  • une diminution du risque de cancer du sein de 21 %, en particulier après la ménopause ;
  • une diminution du risque de cancer de l'endomètre de 26 % ;
  • une diminution significative (2,5 fois moins que chez les femmes ne pratiquant aucune activité physique) des risques de cancer du col de l'utérus, à raison d'au moins 30 minutes chaque semaine ;
  • une diminution de 77 % des risques de développer un cancer du poumon chez les personnes en bonne condition physique selon une nouvelle étude dont les résultats ont été publiés en ligne dans la revue Cancer.

Il existe d'autres cancers (cancer de la prostate, du rein et du pancréas) pour lesquels quelques publications suggèrent un rôle protecteur de l'activité physique mais les données restent pour le moment insuffisantes.

Inversement, le manque d'activité physique a été jugé responsable de 2 973 nouveaux cas de cancers en 2015 (source : Fiche repère. Nutrition et prévention des cancers, Institut national du cancer).

À noter : environ 40 % des cas de cancer sont évitables car associés à des facteurs de risque tels que l'alcool ou le tabac, certaines infections ou une mauvaise hygiène de vie.

Activité physique pendant et après un cancer

La pratique d'une activité physique pendant le traitement s'avère bénéfique sur plusieurs points :

  • Réduction du niveau de fatigue (comparativement à l'absence de sport) d'environ 30 %, quel que soit le stade.
  • Amélioration de la qualité de vie : en améliorant le sommeil et l'image du corps.
  • Amélioration de l'état psychologique et émotionnel grâce à des traitements mieux tolérés.
  • Réduction des effets secondaires de la chimiothérapie et de la radiothérapie à moyen et long termes (dans le cadre du cancer du sein, une à deux séances de 30 à 40 minutes d'exercice aérobie et de résistance pendant 3 mois permettent une récupération plus rapide de la fatigue consécutive à la radiothérapie et une amélioration de la qualité de vie).
  • Amélioration de l'observance aux traitements.
  • Elle réduit la diminution de la masse musculaire, celle-ci pouvant augmenter la toxicité des chimiothérapies.
  • Augmentation du taux de survie et diminution de 50 % des récidives (chez les personnes en bonne forme physique, on obtiendrait un risque de décès réduit de 44 % en cas de cancer du poumon) ;
  • Amélioration des chances de guérison (le risque de décès suite à un cancer colorectal est ainsi diminué de 40 à 89 % grâce à l'activité physique).

Plus l'activité physique est initiée (ou préservée) tôt dans le parcours de soins, plus ses effets seront bénéfiques sur le patient. C’est également vrai si elle est maintenue dans la durée.

Bien entendu, on prendra soin d'adapter l'activité physique en termes d'intensité, de durée, de fréquence mais aussi en fonction du patient, de sa pathologie et du traitement suivi. Si la reprise d'une activité physique après un cancer est extrêmement bénéfique, elle doit être douce et progressive pour ne pas traumatiser le corps, sachant qu'une pratique de faible niveau constitue toujours un acquis par rapport à l’état sédentaire.

Bon à savoir : depuis décembre 2020, il est possible de prescrire un ensemble de bilans et de consultations aux patients bénéficiant d’une ALD dans le cadre de leur parcours de soins global après le traitement d’un cancer. Ce parcours comprend notamment un bilan fonctionnel et motivationnel d’activité physique adapté (APA), pouvant donner lieu à l’élaboration d’un projet d’activité physique adaptée.

Continuer à pratiquer une activité physique après la maladie a tout autant de bénéfices. Tout d'abord, cela permet de lutter contre le déconditionnement physique (diminution de la performance physique liée à la maladie et aux traitements).

Cela permet également de faciliter un retour à la vie sociale, familiale et/ou professionnelle tout en améliorant considérablement le moral.

À noter : l'OMS a publié en 2010 des recommandations mondiales en matière d'activité physique pour la santé et la HAS (Haute Autorité de Santé) a reconnu en 2011 l'activité physique comme une option thérapeutique non médicamenteuse justifiant son intégration dans le parcours de soins (des cours d'activité physique adaptés aux patients en rémission se développent un peu partout en France).

Sport : quels mécanismes d'action ?

Plusieurs mécanismes biologiques sont impliqués et font encore aujourd'hui l'objet d'études scientifiques :

  • L'activité physique permet de prévenir le surpoids et l'obésité qui sont reconnus comme facteurs de risque de certains cancers ou pouvant augmenter le risque de récidive.
  • Elle permet de moduler la production de certaines hormones et de certains facteurs de croissance (insuline, IGF-1, leptine, adiponectine) qui interviennent dans la croissance tumorale.
  • Elle stimule le système immunitaire et accélère le transit intestinal et, ce faisant, réduit l'exposition de la muqueuse digestive aux agents cancérigènes issus de notre alimentation.

Au vu des bénéfices multiples d'une activité physique régulière sur la santé, celle-ci fait maintenant l'objet d'une promotion importante sur les plans nationaux et internationaux.

De nombreux outils d'information ont été conçus. Des programmes de recherche se penchent sur une évaluation plus quantifiée de l'impact du sport en prévention primaire, sur le taux de récidives et se développent sur d'autres types de cancers.

Pour approfondir :

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