Facteurs de risque du cancer

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Il existe de multiples facteurs de risque du cancer, susceptibles de participer à l'apparition de celui-ci, et qu'il est important de connaître. En effet, la prévention du cancer permet, lorsque c'est possible, de s'en prémunir.

Définition des facteurs de risque du cancer

Un facteur de risque est un élément, environnemental, physique, alimentaire ou autre, qui facilite l'apparition d'une maladie et augmente ses chances de se développer.

Facteurs de risques extérieurs

L'épidémiologie, grâce à ses enquêtes, permet de déterminer quels sont les facteurs de risques du cancer. On a ainsi constaté que les causes possibles de cette maladie sont nombreuses et souvent difficiles à maîtriser :

  • les agents extérieurs ou environnementaux (partie prenante dans 90 % des cancers) ;
  • les causes infectieuses (5 % des cancers seraient d'origine infectieuse dans les pays développés mais plus de 40 % dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne et en Mongolie) ;
  • les causes émotionnelles ;
  • les cancers héréditaires ;
  • les cancérigènes, les perturbateurs endocriniens (PE) notamment.

On peut par exemple citer les PE suivants :

L'hygiène de vie : un facteur de risque à limiter

Pourtant, cinq grands facteurs de risque, liés à l'hygiène de vie, doivent retenir notre attention, car ils dépendent de la volonté de chacun et peuvent donc être évités :

  • le tabac ;
  • l'alcool ;
  • l'alimentation ;
  • le surpoids ;
  • l'exposition solaire excessive.

Bon à savoir : on retrouve des bactéries présentes en cas de parodontites dans les tumeurs cancéreuses du pancréas, du sein et de l'estomac, mais il est assez simple de supprimer ce facteur de risque en consultant régulièrement son dentiste et en adoptant une bonne hygiène bucco-dentaire.

Il s'agit bien sûr de conseils qu'il est préférable de suivre mais il ne faut pas oublier l'aspect plurifactoriel de la survenue des cancers.

Principal facteur de risque du cancer : le tabac

Le tabagisme est sans nul doute le principal facteur de risque de développer un cancer. On s'accorde à dire qu'un tiers des cancers est dû au tabac, avec entre 35 000 et 44 000 décès chaque année.

Les cancers causés par le tabac

En effet, le tabagisme est responsable de :

Bon à savoir : dans le cas spécifique du cancer de la prostate, le tabac n'est pas un déclencheur, mais il joue un rôle sur le pronostic de la maladie et ses risques de récidives. Ce surrisque persiste durant les 10 années suivant l’arrêt du tabac.

Au final, ne pas fumer permettrait de faire baisser de 30 % le nombre de décès par cancer.

À noter : chez les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde, plusieurs travaux ont mis en évidence un risque accru de développer certains cancers, dont ceux liés au tabac.

Diminution des facteurs de risques liés au tabac

Il est d'autant plus important de le mentionner que le tabac (et la soixantaine de substances cancérigènes qu'il contient) est facile à éviter (outre le cas non négligeable du tabagisme passif), contrairement aux polluants atmosphériques qui sont davantage subis.

Les risques augmentent en fonction de deux critères :

  • la quantité de tabac consommé ;
  • le nombre d'années pendant lesquelles on fume.

Inversement à l'arrêt du tabac, outre les nombreux bienfaits (meilleur odorat, plus de souffle, moins de toux, etc.), les risques sont diminués de 50 % au bout de 5 ans sans fumer. Après une douzaine d'années sans tabac, l'espérance de vie rejoint celle des non-fumeurs.

De plus, le tabagisme passif est responsable de 150 décès par cancer du poumon chaque année, en France (21 400 dans le monde).

Arrêter de fumer sans grossir

L'alcool : un facteur de risque du cancer reconnu

Bien entendu, comme le tabac, l'alcool est une drogue dont il n'est pas toujours facile de se défaire. Il ne faut donc pas hésiter à se faire aider par des professionnels.

En effet, l'alcool était responsable de 8 % des nouveaux cas pour l’année 2015 (28 000 cas) et de 9,5 % des décès par cancer (15 000 par an). Lorsque l'alcool est associé au tabac, les cancers des voies aérodigestives sont multipliés par 15 ! Par ailleurs, l'alcool augmente les risques de :

Un verre d'alcool par jour suffit à augmenter les risques de cancer. Il faut donc à la fois réduire la quantité d'alcool ingérée, mais aussi la fréquence à laquelle on en boit : c'est-à-dire boire moins et moins souvent.

Diminuer les facteurs de risques du cancer par l'alimentation

L'alimentation est le carburant de notre organisme. Il est donc normal d'y prêter attention, surtout lorsqu'on sait qu'il existe plusieurs aliments anti-cancer.

Les aliments à consommer avec modération

Toutefois, sans parler des boissons alcoolisées, il faut aussi savoir que certains aliments contribuent à favoriser les cancers lorsqu'ils sont consommés de façon excessive :

  • la viande rouge et la charcuterie (sa consommation excessive a contribué à près de 5 600 nouveaux cas de cancer colorectal en 2015) : les risques de cancers colorectaux sont de 30 % supérieurs lorsqu'on consomme 100 g de viande rouge par jour et de 21 % supérieurs lorsqu'on consomme 50 g de charcuterie par jour ;
  • les produits animaux grillés au feu de bois, fumés et au charbon (barbecue, grillades) : une association est suggérée par les données épidémiologiques entre le cancer de l’estomac et les cuissons à haute température, mais avec un niveau de preuve limité ;
  • les produits gras qui favorisent le surpoids (voir plus bas) ;
  • le sel qui favorise le cancer de l'estomac (attention aux plats cuisinés vendus en grande surface) ;
  • le soja, pourvoyeur de phyto-œstrogènes ;
  • certains compléments alimentaires sujets à caution (la supplémentation en béta-carotène est associée à une augmentation du risque de cancer du poumon chez les fumeurs et ex-fumeurs et, d’une manière générale, l’Institut national du cancer ne recommande pas la consommation de compléments alimentaires).

De façon générale, il faut faire en sorte d'avoir une alimentation :

  • pauvre en graisses saturées et en protéines ;
  • riche en fibres (en particulier des céréales complètes, les aliments riches en fibres étant associés à une diminution du risque de cancer colorectal).

Bon à savoir : selon une étude publiée dans Jama Internal Medicine, le fait de manger des aliments bio régulièrement réduirait le risque de cancer de 25 % (l'étude montre même une réduction de 34 % de risques de cancer du sein chez les femmes ménopausées et de 76 % des risques de lymphome).

Les cancers liés à l'alimentation

Au final, environ 35 % des cancers seraient imputables à l'alimentation, notamment :

  • les cancers digestifs : estomac (risques augmentés en particulier avec les aliments fumés), côlon, rectum ;
  • certains cancers hormonodépendants : tumeurs neuro-endocrines, endomètre (muqueuse utérine), prostate, sein.

Bon à savoir : les plus gros consommateurs d'édulcorants auraient un risque de cancer augmenté de 13 % par rapport à ceux qui en consomment le moins. Plus précisément, l’aspartame (E951) est associé à 15 % de risque global de cancer en plus, et un risque accru de 22 % pour le cancer du sein (source : « Artificial sweeteners and cancer risk: Results from the NutriNet-Santé population-based cohort study », Charlotte Debras et al., PLoS Med, mars 2022).

Le surpoids : un facteur de risque important

On sait aujourd'hui que le surpoids et l'obésité participent aux risques de développer des cancers (en France, la surcharge pondérale est estimée responsable de 18 634 nouveaux cas de cancers en 2015). En 2000, 2 300 décès par cancers ont été provoqués par l'obésité. Ils joueraient un rôle important dans 27 % des cancers et beaucoup plus encore dans les cancers hormonodépendants (cancer de l'utérus par exemple).

Environ 9 % des cancers chez les femmes en Amérique du Nord, en Europe et au Proche-Orient sont liés à l'obésité. Cela serait dû au fait que la surcharge pondérale entraîne une inflammation et une surproduction d'œstrogènes, de testostérone et d'insuline.

L'Union internationale contre le cancer (UICC) estimait en 2009 qu'un cancer sur trois parmi les cancers les plus communs pourrait être évité en conservant un poids normal. De même, selon une étude américaine, l'obésité serait à l'origine de :

  • 49 % des cancers de l'endomètre ;
  • 35 % des cancers de l'œsophage ;
  • 28 % des cancers du pancréas (cancer deux fois plus fréquent chez les personnes ayant été obèses à l'adolescence) ;
  • 24 % des cancers du rein ;
  • 21 % des cancers de la vésicule biliaire ;
  • 17 % des cancers du sein (notamment les cancers du sein post-ménopausiques qui présentent aussi davantage de risques de récidive et de 2e cancer en cas de surpoids) ;
  • 9 % des cancers du côlon et du rectum (avec notamment un risque de récidive augmenté en cas de surpoids) ;
  • certains cancers du foie.

Bon à savoir : le pronostic de certains cancers, comme le cancer du sein, du côlon, du rein et de la prostate, sont également moins bons chez les personnes obèses.

Par ailleurs, l'obésité d'une mère aggrave le risque de cancer des testicules chez le futur enfant. De plus, dans son rapport de 2016, l’International Agency for Research on Cancer (IARC) conclut que le surpoids chez les adultes comme chez les enfants augmente également le risque de cinq cancers supplémentaires : les cancers de l’estomac, des ovaires et de la thyroïde, ainsi que le méningiome et le myélome multiple.

On rapproche le surpoids d'un manque d'activité physique. Aussi, ne pas pratiquer d'exercice pourrait également favoriser les cancers du pancréas ou de la prostate. Inversement, l’activité physique est associée à une diminution du risque des cancers du côlon (-18 %), du sein (-21 %) et de l’endomètre (-26 %).

Enfin, hormis le fait que l'activité physique soit indispensable à la prévention du cancer, elle est également intéressante pour éviter les récidives et favoriser la rémission.

Bon à savoir : selon une nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés en ligne dans la revue Cancer, les risques de développer un cancer du poumon et un cancer colorectal auraient respectivement diminué de 77 et de 61 %, chez les personnes en bonne condition physique. Parmi les participants ayant développé un cancer du poumon, ceux qui avaient la meilleure forme physique présentaient un risque de décès réduit de 44 % et ceux atteints de cancer colorectal avaient un risque de mortalité diminué de 89 % grâce à l'exercice physique. 

Les risques de cancer par l'exposition solaire excessive

S'exposer trop longtemps au soleil ne risque pas uniquement de vous donner un coup de soleil. Les UV représentent en effet un facteur de risque non négligeable, qu'ils soient naturels (soleil) ou artificiels (cabines de bronzage).

Les UVA et UVB seraient en effet responsables de deux tiers des cancers de la peau, notamment des mélanomes.

Il est donc indispensable de bien se protéger avec de la crème solaire, des vêtements couvrants, etc. Soulignons que les enfants et les adolescents sont les plus fragiles et que la plupart des mélanomes seraient dus à des expositions solaires excessives durant l'enfance.

Autres facteurs de risque

Il n'est pas toujours évident de préserver sa santé. Face aux facteurs de risques liés à l'hygiène de vie, l'exposition à certaines substances nocives n'est pas à négliger.

Facteurs environnementaux et professionnels

Les facteurs environnementaux sont responsables, selon l'Agence nationale de Santé publique (Santé publique France), de 5 à 10 % des cancers. Parmi les plus connus, on peut citer le bisphénol A, ou encore les gaz (ozone et oxydes d’azote – NO, NO2, Nox) et les particules fines émises par notamment par les véhicules diesel hydrocarbures aromatiques polycycliques), le chauffage au bois (SO2) ou les centrales thermiques.

6 % de la mortalité due à la pollution est d'origine cancéreuse (la pollution atmosphérique fait partie du top 10 des facteurs de risque de mortalité).

Par ailleurs, plusieurs études révèlent par exemple que les colorations capillaires à répétition favoriseraient le développement de leucémies et de cancers du cerveau, de la vessie et du sein.

Source : Heikkinen S. et al., « Does Hair Dye Use Increase the Risk of Breast Cancer ? A Population-Based Case-Control Study of Finnish Women », PLoS One, août 2015, doi: 10.1371/journal.pone.0135190. eCol.

Les expositions professionnelles, qui concernent 13,5 % des salariés, sont impliquées dans 2 à 5 % des cancers. Ces employés peuvent notamment être exposés :

  • aux pesticides (agriculteurs), responsables de leucémies, lymphomes et autres myélomes ;
  • à l'amiante, responsable de cancers du poumon ;
  • aux poussières de bois, de nickel ou de chrome favorisant les cancers ORL ;
  • au goudron, accusé d'augmenter le nombre de cancers de la vessie ;
  • aux rayons X connus pour provoquer des leucémies.

Bon à savoir : chez les enfants, les pesticides domestiques (herbicides et insecticides utilisés à domicile au cours de la grossesse) doubleraient le risque de cancer du sang et seraient en partie responsables de leucémies, de tumeurs cérébrales, de sarcomes des tissus mous, de sarcomes d'Ewing, de cancers colorectaux, de cancers des testicules et de lymphomes hodgkiniens (+ 30 %) ou non hodgkinien (+ 50 %).

Ondes électromagnétiques

Les ondes des téléphones mobiles sont également accusées d'être des facteurs favorisant des tumeurs du cerveau.

De nombreuses études contradictoires existent à ce sujet mais les dernières en date semblent indiquer qu'une exposition quotidienne de plus d'une demi-heure par jour avec un téléphone portable augmente légèrement les risques.

Le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer, une instance de l’OMS) classe les radiofréquences et les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables dans la catégorie des « cancérogènes possibles ».

Ainsi, l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) suggère de prendre des précautions avec les ondes des téléphones et elle recommande à ceux qui les utilisent beaucoup de se servir du kit mains libres.

Le danger des ondes électromagnétiques est beaucoup plus important chez les enfants. L'Anses conseille donc de limiter leur usage des téléphones portable.

Bon à savoir : dans le cadre du déploiement des compteurs communicants sur l'ensemble du territoire, l'Agence nationale des fréquences (ANRF) a prévu que toute personne physique ou morale puisse demander de faire mesurer l'exposition aux ondes électromagnétiques de locaux d’habitation ou de lieux accessibles au public. La demande doit se faire en remplissant le formulaire Cerfa n° 15003, lequel doit être ensuite signé par un organisme habilité (collectivité territoriale, association agréée, fédérations d'associations familiales, etc.). Les résultats des études sont ensuite rendus publics sur le site cartoradio.fr.

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